C'est en pleine nuit antillaise et au petit matin pour nous en France qu'Armel Le Cléac'h et Fabien Delahayes ont remporté cette 10e édition de la Transat AG2R. Brit Air a franchi la ligne d'arrivée à Saint-Barth à 6 heures et 59 minutes heure française, après 22 jours et 16 heures de mer.
Ce tandem en or était suivi une heure plus tard par Jeanne Grégoire et Gérald Véniard à bord de Banque Populaire qui ont eux-même précédé de quelques minutes les vieux briscards que sont Gildas Morvan et Bertrand De Broc.
Un joli podium donc et des bateaux qui, avec Savéol (classé 4e), ne se sont pas quittés d’une seconde pendant trois semaines de mer.
Une bonne nouvelle pour Kito et Seb qui, eux aussi, bataillaient dans ce petit groupe avant d’être stoppés par leur rencontre malheureuse avec une baleine à l’approche des Canaries. Cela rassure forcément l’équipage de Groupe Bel qui a débuté cette transat par de bons choix stratégiques et de belles moyennes de vitesse. C'est aussi bien évidemment très frustrant pour nos compétiteurs, particulièrement philosophes aujourd’hui.
Kito à la mi-journée : "Nous sommes heureux que nos compagnons de route avant les Canaries soient arrivés devant à Saint-Barth. Cela ajoute forcément à notre frustration mais on se dit qu’on était dans le bon wagon avec Groupe Bel. Je trouve que les quatre premiers bateaux ont très bien navigué. Ils sont allés au bon endroit. Le fait d’être restés ensemble les a aidé à aller vite et la concurrence poussait fort derrière. Ils ont fait une très belle route et surtout, ils ont été très rapides sur l’eau. Ils sont allés là où il fallait quand il le fallait et les écarts que l’on avait au Portugal n’ont pas beaucoup évolué. En fait, il y a toujours eu une cinquantaine de milles d’avance sur le second groupe. Si nous avions pu rester avec eux, on aurait pu faire une jolie transat, mais nous avons eu cet accident avec la baleine et avec des « si » on referait le monde et le monde n’est pas parfait."
Il reste encore 600 milles devant les étraves du Figaro Groupe Bel. L’objectif est de parcourir autour de 200 milles par jour pour arriver à Saint-Barth vendredi, afin de décoller de nouveau samedi – en avion cette fois – vers la France.
Pour Kito, ce sera sans transition puisqu’il rejoindra directement Lisbonne où il retrouvera le 60 pieds Groupe Bel ainsi que son équipe et surtout les collaborateurs de Bel Portugal qui se préparent à l’accueillir comme il se doit.