29.12.2010 Retour aux news

En tête à tête



Complice à terre comme en mer
© Gilles Martin-Raget/Groupe Bel
J-2 avant le départ de La Barcelona World Race ! Au détour du ponton du port de Barcelone, Pierre-François Bonneau, rédacteur pour l'organisation de La Barcelona World Race s'est offert un tête à tête avec Seb et Kito, le tandem de choc de Groupe Bel.

Qu’espérez vous de cette course ?
Kito de Pavant : "Tout simplement de passer trois mois sympas ensemble. Se faire plaisir. Maintenant, c’est difficile de savoir ce qui va se passer."
Sébastien Audigane : "Passer de bons moments en mer, finir ce tour du monde. Il faut que pendant trois mois les hommes et le bateau soient en symbiose."

Ce que vous redoutez le plus ?
Sébastien Audigane : "De ne pas boucler le tour. J’ai déjà eu une expérience malheureuse dans le domaine. Le dernier j’ai fini en hélicoptère (lors du premier tour du monde de Groupama, NDLR)…"
Kito de Pavant : "Séb n’aime pas l’hélicoptère (rires). Je pars plutôt confiant parce qu’on sait que ce qui risque de nous arriver, on ne l’aura pas forcément prévu."

Ce qui vous fascine le plus ?
Sébastien Audigane : "J’ai déjà fait deux incursions dans le grand sud. On a envie d’y retourner pour les joies des surfs… C’est une navigation très longue, on doit gérer la durée, j’aime bien. Et puis, il y a les variations de lumière : entre la Méditerranée très lumineuse et les mers du sud où on se croirait en Bretagne en plein hiver avec le sentiment d’éloignement en plus…"
Kito de Pavant : "Je sens que ça va me plaire, la Bretagne en hiver…"

A deux c’est deux fois mieux ?
Kito de Pavant : "C’est plus facile en double, c’est plus sécurisant. Même s’il y a la difficulté de se trouver trois mois en tête à tête Ce n’est pas forcément le plus simple, surtout pour des gens comme moi qui ont l’habitude de naviguer en solitaire. Je sais que je pars bien accompagné, mais ça reste quand même un questionnement."
Sébastien Audigane : "C’est deux fois mieux c’est sûr. On peut dormir sur ses deux oreilles. Deux cerveaux, deux jambes, deux bras. J’ai déjà fait en équipage et je me dis que c’est finalement plus facile d’être à deux personnes qui s’estiment qu’à quatorze furieux."

Vos qualités et défauts respectifs ?
Sébastien Audigane : "Je suis un gros dormeur et je mange trop."
Kito de Pavant : "Mes qualités, je n’en connais pas beaucoup. Si, j’ai de l’expérience et un bon sens marin, ça peut servir dans ces mers-là. Sinon, je suis souvent impatient, je suis exigeant, je n’ai pas forcément très bon caractère."

Un objet sans lequel vous ne partiriez pas
Kito de Pavant : "Mes polaires ! J’aime bien la musique. Je n’en écoute pas forcément beaucoup en mer, mais j’aime bien savoir qu’elle est là."
Sébastien Audigane : "J’aime bien partir avec un bouquin, même si parfois on n’a pas le temps de lire. En général je pars avec des récits de mer de l’époque de l’ancienne marine."

Un élément de confort indispensable
Kito de Pavant :" Je pense qu’on a globalement un bateau confortable. Mes os me rappellent que ce n’est pas facile. Sur trois mois, pouvoir se reposer et ne pas être trop maltraité est un gage de réussite. Avoir pas mal de coussin, ça me paraît nécessaire."
Sébastien Audigane : "Kito insiste beaucoup sur l’ergonomie et ça me paraît une bonne orientation. Tout est vachement bien pensé, même si c’est adapté à la taille de Kito."

La vie à bord
Sébastien Audigane : "On a prévu de faire des quarts assez rigoureux. On a besoin de ça, être assez calés entre nous. On a prévu des quarts de trois heures, même si on saura s’adapter en fonction des conditions météorologiques et de la fatigue de l’un ou de l’autre. De même, on va essayer d’avoir des heures de repas assez précises."
Kito de Pavant :  "Les horaires sont en fait rythmés par la vie à terre. Notre référence, c’est le temps universel. Après c’est relativement flexible en fonction des circonstances, des conditions rencontrées et des emmerdements qu’on pourrait avoir, même si je souhaite qu’il y en ait le moins possible."

Des équipements de rechange ?
Kito de Pavant : "C’est la grande question… Globalement, tout ce qui est léger on le prend et pour ce qui est lourd, on essaye de réfléchir en fonction de deux critères : l’incidence d’une pièce sur les performances du bateau et la sécurité. Entre la bouffe, les habits de rechange, l’énergie on embarque près d’une tonne de matériel, donc ce n’est pas facile de faire des choix."

Combien de jours de nourriture ?
Kito de Pavant : "90 jours. Si on va au delà des 90 jours, cela veut dire qu’on aura eu des soucis techniques. Dans ce cas, si une escale est nécessaire, ça ne changera plus grand-chose au résultat. La donne change par rapport au Vendée Globe. Et puis, à bord on a des rapalas pour pêcher. On a des modes de fonctionnement un peu différent pour la nourriture : je grignote plus quand Seb a plutôt besoin de plats consistants."

Les relations avec la terre
Kito de Pavant : "J’essaye d’appeler régulièrement l’équipe, pour éviter de faire que le coup de fil soit systématiquement porteur de mauvaises nouvelles. Donc, j’appelle aussi pour dire que tout va bien. Mais je suis dans mon monde quand je suis en course, donc je n’appelle pas très souvent. Je préfère écrire plutôt que téléphoner. L’envoi de mails me va bien."
Sébastien Audigane : "Je ne suis pas un grand communicant. J’aime bien aussi envoyer des petits mails. Je sais que c’est pour les proches à terre que c’est le plus difficile. Mais aujourd’hui, avec les vacations, les vidéos, ils sont abreuvés d’informations, peut-être parfois trop…"

*Source Organisation





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