A 20h13, heure de Paris, le monocoque Groupe Bel de Kito de Pavant et Sébastien Audigane s'est amarré dans la marina de Chaffers à Wellington pour une escale technique de 48h. Les deux marins, toujours sous l'influence d'une bulle anticyclonique auront mis une vingtaine d'heure entre la Pointe de Farewell au Nord-Ouest de l'île du Sud et la capitale Néo-Zélandaise, l'occasion d'admirer le superbe spectacle qu'offrent les côtes sauvages de la région. Après 50 jours de mer, Groupe Bel pointait dimanche à 20h en 3ème position à 527,8 milles du leader Virbac-Paprec 3 et juste devant Estrella Damm qui, victime d'un étai cassé cette nuit, a accosté à son tour à 20h14, soit une petite minute d'écart ! Pour Kito, Seb et toute leur équipe, une nouvelle course contre la montre débute ! Mardi 22 février à 20h13, Groupe Bel devrait reprendre la mer, voiles réparées, bateau inspecté de fond en comble et marins reposés !
Ils ne se quittent plus ! Il y a la course et l’histoire dans l’histoire : celle de Groupe Bel et d’Estrella Damm qui se livrent une bataille sans merci depuis Barcelone. Plus de 13 000 milles parcourus l’un toujours dans le sillage de l’autre et une minute seulement les séparent à l’arrivée au ponton ! Quoi de plus insolite pour les quatre navigateurs de se retrouver au petit matin sur le même ponton à l’autre bout du monde.
Trente minutes après l’arrivée de Groupe Bel à Wellington, le gennaker et le spi de brise étaient en partance pour l’aéroport, direction le plancher de North Sails NZ à Auckland ! Un véritable challenge puisque une voile ne peut pas être remplacée par une autre, uniquement une réparation jusqu'à 60% de sa surface totale est autorisée. Pendant ce temps là, à bord, le temps est plus que jamais compté. Pour Kito et Seb, après une petite séance de bricolage sous le soleil néo-zélandais, l’heure va être au petit-déj’, à la douche, ou encore à une sieste bien méritée… Pas facile après 50 jours seuls en mer d’établir sa liste « des priorités terriennes » !
Kito de Pavant : « C’est un peu difficile de s’arrêter car nous sommes encore en course. Nous avons choisi de faire escale pour réparer nos voiles qui sont très importantes pour la suite de la course. C’est douloureux mais nous avons le plaisir de retrouver l’équipe et on va se ressourcer avant de repartir. Nous allons assumer notre décision jusqu’au bout. Estrella Damm est passé devant ce matin mais nous sommes arrivés ensemble. C’est curieux d’arriver à une minute l’un de l’autre, nous devrions donc repartir ensemble. Nous allons continuer la bataille des bateaux rouges ! Psychologiquement, c’est compliqué, car la course continue pendant que nous sommes à terre mais ça va nous motiver ! Toute l’équipe travaille déjà sur le bateau. La priorité, c’est la réparation des voiles qui sont parties en voitures jusqu’à l’aéroport, direction Auckland avec Yann Regniaud (voilier North Sails venu de France) qui gère les opérations. L’objectif est de revenir dans moins de 48h ! C’est une sacrée logistique. Nous allons bricoler une bonne partie de la journée sur le bateau puis aller prendre notre première douche depuis 50 jours ! Nous sommes moins pressés d’aller dormir car nous ne sommes pas vraiment en dette de sommeil finalement. L’important est d’organiser l’escale techniquement et après on va essayer d’oublier un peu le bateau. Depuis Gibraltar, nous avons vu une île près des Canaries mais sinon pas d’autres terres. Hier, au cap Farewell, c’était magique ! Le paysage était vraiment grandiose. Je remercie tout ceux qui nous soutiennent et qui nous envoient tous ces messages ! »
Seb Audigane :« S’arrêter est un mal nécessaire car nous allons repartir avec tous les atouts de Groupe Bel, c’est l’essentiel ! Le gennaker nous a vraiment manqué, notamment dans l’Océan Indien, nous étions frustrés de ne pas avoir la bonne toile. Cette escale est très importante pour la suite de ce tour du monde en termes de performance, nous allons retourner en course à 100% voire 120 % ! Pour le moment, j’ai surtout envie de repartir. Prendre une bonne douche va faire du bien. Je ne sais pas si nous allons réussir à dormir car nous sommes calés sur nos rythmes de quarts. La Nouvelle-Zélande, j’y passe toujours dans des conditions particulières. La dernière fois c’était en 2008 après notre chavirage à bord de Groupama 3 lors du Trophée Jules Verne. Je me souviens que nous étions tous heureux d’atterrir ici. C’est un pays accueillant, les gens sont vraiment très sympathiques ! Un pays de marins où la population navigue beaucoup. J’espère y revenir en vacances la prochaine fois ! »